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L’histoire du Borinage est intimement liée à celle de l'exploitation du
charbon. Au début, vers l'an mille, le charbon était exploité par des
"fourfeyeux" (des fouilleurs de terre). Les veines affleuraient le sol (à
cette époque principalement à Wasmes), ces gens
enlevaient le charbon et éventuellement creusaient. Quand la veine était
épuisée ou devenait trop profonde, ils exploitaient un autre gisement.
L'anarchie qui règnait à cette époque fut finalement réglementée par les
notables de l'époque. Un acte de 1248 et valable pour 3 années, n'autorisait
l'exploitation que de la Pentecôte à septembre, obligeait d'entretenir les
puits, interdisait l'exploitation nocturne et enfin définissait un nombre limité de
puits. Cet acte était signé par divers ecclésiastiques et seigneurs de la
région à cette époque : Wautier l'abbé de St-Ghislain, Julienne la doyenne
de Ste-Waudru de Mons, le chevalier Jean d'Havré, maire de Quaregnon, etc... . Par la suite les terres des seigneurs
devinrent des
concessions. Et l'exploitation du charbon s'organisa dans tout le Borinage. De
Boussu à Cuesmes, les petites exploitations se multiplièrent et les puits
s'approfondissaient : ± 25 mètres au 15ème siècle, ± 40 mètres
au 16ème siècle et ± 120 mètres au 17ème siècle.
Mais au début du 18ème siècle, les veines de sols furent
épuisées et deux problèmes se présentaient : le grisou et l'eau. Le
problème des eaux fut résolu par l'arrivée de la machine à feu (ou vapeur) qui
permettait de pomper l'eau qui envahissait les puits. La première machine fut
installée à Pâturages, à la "grande veine l'Evêque", vers 1734. Et malgré le grisou,
l'exploitation à grande profondeur pouvait commencer. En 1730, on dénombrait
110 puits en activité dans le Borinage. Les changements de régimes
(Hollandais, Français, Espagnols et Autrichiens) vont bouleverser le
fonctionnement des mines Boraines. Les petites concessions ne purent faire face
à tous ces changements (réglementation, …). De plus, il fallait descendre de
plus en plus bas. Le tout favorisa les fusions de sociétés : S.A. des
Charbonnages du Levant de Flénu, Charbonnages Unis de l'Ouest de Mons,
Compagnies des Charbonnages Belges, etc … Une partie du charbon borain était
envoyé vers France et la Flandre via Condé sur Escaut. D'abord par
"route" et ensuite par le canal (qui fut creusé de 1807 à 1818 sur
ordre de Napoléon). Vers 1820, la Borinage fournissait en Belgique, mais aussi
75% des besoins de la France. Le charbon Borain était même préféré au
charbon français par certaines usines de la région Parisienne. Mais,
l'exploitation toujours plus intensive, demandait d'énormes investissements. Ce
qui va obliger les sociétés à se regrouper. Après l'indépendance, certaines sociétés étaient contrôlées par des
investisseurs français et la Société
Générale possédait 40%
de la production de tout bassin. Ce fut sous sa tutelle que se créa, en 1839,
l'Association Houillère du Couchant de Mons.
Le Borinage fut aussi le théâtre des premiers grands
mouvements sociaux. Notamment en 1829 : suite à la construction d'installations
ferroviaires destinées à diminuer la main d'œuvre au Grand-Hornu, ainsi qu'en 1833,
ou suite à une crise charbonnière régionale, les mineurs firent grève durant
8 jours.
Vers la moitié du 19ème siècle, le Borinage était à son
apogée, il était le plus grand bassin houiller en Europe.
Mais
les autres bassins charbonniers (Liège, Charleroi et le Centre) se
diversifiaient peu à peu en bassins industriels accueillant notamment la
sidérurgie. Le bassin charbonnier du Couchant de Mons (*) resta presqu'exclusivement charbonnier et il
fut, par la suite, vite dépassé. Les mines boraines étaient aussi les
plus dangereuses du pays, plus particulièrement les exploitations
situées à Dour, Elouges, Frameries et Quaregnon.
Vers
la fin du 19ème siècle, certains charbonnages modernisèrent
leurs installations et dotèrent de centrales électriques.

Une centrale
à charbon permettait de brûler une partie des charbons invendables
(auparavant stockés), elle fournissait aussi l'électricité nécessaire
aux installations modernes et le surplus de courant était revendu au réseau. Cet
investissement se révélait très rentable pour un charbonnage. Dans le
Borinage, cette pratique continua jusqu'à la fermeture des charbonnages.
Au 20ème siècle, le manque de concurrence entre industries
dans le Borinage avait pour conséquence que les salaires y étaient aussi les moins
élevés de Belgique. Après la guerre 14-18, le Borinage augmenta sa production de 23%,
grâce à de nouveaux puits : Hensies-Pommeroeul et Espérance à Quaregnon-Baudour. Mais le charbon étranger envahissait le marché. En 1924, pour faire face, les sociétés décidèrent des baisses de salaires de 5 à
10%. Les mineurs Borains partirent en grève. A Quaregnon, les grévistes
menèrent des actions très dures : trams renversés, rails enlevés, rues
dépavées, … La gendarmerie dut intervenir à plusieurs reprises. Finalement,
un compromis fut trouvé : la baisse ne fut que de 3 à 8 %. Les mineurs
n'étaient pas en position de force car à cause de la surproduction, les
sociétés disposaient de stocks élevés. Le déclin des houillères Boraines
avait commencé. Les mauvaises conditions géologiques (étroitesse des
veines, …) et les installations en général vieillissantes se répercutèrent sur le rendement des mineurs qui
était plus bas que la
moyenne nationale. Certaines fosses tel que Grand Bouillon à Pâturages et
Wasmes ou la Warocquière à Cuesmes fermèrent dans les années 1920. La crise de 1930, entraîna six diminutions de salaires en
deux ans. De 1930 à 1932, les fermetures de puits non-rentables
s'accentuèrent, y compris ceux appartenant aux plus grandes sociétés. Le
n°10 Vedette (Boussu-bois), le n°2 Frédéric (Dour), le n°18 Ste-Henriette
(Flénu), les n°4 et 5 du Rieu-du-Cœur (Quaregnon), le n°8 de l'Escouffiaux
(Wasmes) et n°19 du Grand-Buissson (Wasmes). En 1932, une nouvelle diminution
due aux 750.000 Tonnes de stock excédentaires du Borinage (4.000.000 Tonnes pour
la Belgique) engendra une grève sauvage de 10.000 mineurs le 16 juin. Le 6
juillet, tout le Borinage ( ± 300.000 travailleurs) stoppa le travail. Le
mouvement gagna d'autres bassins miniers (le
Centre, Charleroi,
...). Après une
médiation du gouvernement, le travail repris le10 septembre. Mais la
satisfaction n'étant que partielle d'autres grèves éclatèrent en 1933.

Les salaires ne faisaient que diminuer et les fermetures continuaient.
Le nombre total d'ouvriers mineurs Borains, qui était de 35.521 en 1929, tomba à 22146 en 1934. Après
la guerre 40-45, le métier de mineur n'avait plus grand succès, on commença
alors à
faire venir en Belgique plus de travailleurs étrangers, beaucoup d'Italiens,
mais aussi des Espagnols, des Grecs, etc …
En 1951, la Belgique signa le traité de la Communauté Européenne du
Charbon et de l'Acier (la CECA) qui ouvrit les frontières, et fit baisser le
prix du charbon. Malgré des dédommagements payés par la CECA, les mines
belges fermèrent les unes après les autres. Dans le Borinage, le premier puits
à arrêter suite au plan de récession de la CECA fut le puits n°4 Grande
Veine à Dour, le 12 mai 1952, ensuite il y eut : le n°7 Ste-Louise à Hornu, le n°17 St-Guillaume à
Cuesmes en 1957, le n°3 Grand-Trait à Frameries en 1958, les n° 11 et 12
Crachet-Picquery à Frameries en 1960, le n°10 de Grisoeul à Pâturages en
1960, le n°2 du Rieu-du-Cœur à Quaregnon en 1960, le n°1 Ste-Cathernie à
Dour en 1961, le n°2 l'Espérance à Quaregnon en 1966, l'Heribus à Cuesmes en
1968 ainsi que le puits n°3 l'Espérance à Tertre en 1971. Cette liste, non
exhaustive, se termina par le puits "les Sartys" à Hensies.
Le 31 mars
1976, ce puits fut le dernier du Couchant de Mons, à fermer ses portes.
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Le Couchant de Mons : comprenait les charbonnages à l'ouest de Mons :
ceux du Borinage, mais aussi ceux de Bernissart,
Harchies,
Hensies, etc...
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