Avant le 19ème
siècle, les richesses minérales enfouies dans le sol étaient du domaine
seigneurial. Seul, le seigneur avait le droit de les extraire ou de les
concéder moyennant redevance. Pour exploiter la houille, il fallait obtenir une autorisation (appelée congé) au seigneur. En
contre partie celui-ci percevait une redevance (appelée droit de terrage) en
argent ou en charbon. Ce droit de terrage était proportionnel à la quantité
de charbon extraite et correspondait à ± 10 %. Ce droit seigneurial fut abolit
par une loi votée sous le règne de Napoléon 1er. On parla alors de
concession. Les petites sociétés possédèrent alors leurs propres concessions
et l'exploitation charbonnière fut accentuée. La production belge de charbon
fut multipliée par dix. De 1795 à 1856 : on passa de 800.000 Tonnes à 8
millions de Tonnes dont plus de 75 % était produites dans le Hainaut. Le
Borinage étaIt le fer de lance, la production de charbon y était la plus
grande d'Europe, alors qu'au niveau métallurgique c'était le bassin
carolorégien qui était considéré comme le plus performant au monde. De plus,
grâce au retard industriel de la France, ainsi que l'absence de charbon dans
d'autres pays, le Hainaut exportait énormément : en France, en Hollande, en
Suisse, …
Ces exportations, l'arrivée de la métallurgie et la
diversification de l'utilisation du charbon allaient provoquer une 2ème
forte augmentation. De 8 millions de tonnes on passa, en 1880 à 17 millions de
tonnes. Le nombre de puits d'extraction en Hainaut, doubla lui aussi, passant de
155 sièges à 305 sièges. A partir de 1861, la guerre de sécession en
Amérique permit aux verreries, ainsi qu'à la métallurgie et donc du même coup à
l'industrie charbonnière de donner à plein régime. Mais cinq ans plus tard,
le Hainaut fut de nouveau en surproduction. Ces périodes de récession qui
ponctuèrent, la deuxième moitié du 19ème siècle, engendrèrent
de nombreux mouvements sociaux. Les erreurs stratégiques des patrons se
répercutaient souvent sur les
ouvriers : qui subissaient soit des diminutions
salariales, soit le chômage. Les coalitions d'ouvriers s'organisèrent, malgré
les fortes réticences de l'état et des patrons.

Par
la suite l'exploitation se stabilisa, la production augmenta encore grâce aux
nouvelles techniques mais dans des proportions moins forte. En 1926 pour 271
puits (soit 34 de moins qu'en 1880), la production était de 25 millions de
Tonnes, la quote-part du Hainaut étant descendue à 60 %. A cette époque, on
commençait à extraire du charbon en Campine, le Limbourg extrayait déjà 800.000 Tonnes par an et la France rattrapait son retard.
En
1902, le Hainaut comptait 67 sociétés charbonnières en activités, 21 dans le
Borinage, 10 dans le Centre et 26 au Pays de Charleroi. Ces 67 charbonnages
comprenaient 183 puits en activité, 18 en réserve et 11 en préparation. Le
personnel employé était de 96.809 ouvriers : 30.771 dans le Borinage, 31.474 dans
le Centre et 44.564 au Pays de Charleroi. A noter qu'en 1903, le nombre
d'ouvriers employés en Hainaut monta à 100.372 ouvriers et en 1919, ce nombre
était de 113.436.

Les
charbonnages hainuyers ont largement participé au formidable essor économique
que connu la Belgique au 19ème siècle. Mais après la guerre 1914-18,
à la faveur des prix réduits arrivèrent en Belgique des combustibles
concurrents. Dans certaines littératures des années 1920, on pouvait lire : "il
faut rajeunir l'industrie minière belge, la moderniser, la centraliser, le prix
de revient est élevé. Il faut centraliser les installations pour un grand
nombre de sièges : les installations électriques, les lavoirs, les triages,
les transports, les dépôts etc. toutes ces choses qui coûtent à présent
très cher et qui peuvent être desservies par un personnel réduit dans des
services centraux", s'en était fini des petites sociétés avec ses
propres installations, l'heure était plus que jamais aux fusions et à la
centralisation des installations et du personnel.
Pour
n’avoir pas pu se moderniser à temps, le bassin borain fut le premier
concerné. Le Centre et le Pays Noir, furent aussi touché mais assumaient mieux
car ils avaient accueillit et développés d’autres industries. Dans le bassin
carolorégien, il y eu aussi des fusions mais il y subsistait plus de petites
sociétés charbonnières. Notamment à cause des sociétés métallurgiques du
Bassin qui possédaient une partie de ces concessions et trouvaient leurs compte
dans les synergies entre leur sociétés.
Dans
les années 1920-30, beaucoup de puits non rentables car isolés ou ayant
beaucoup de contraintes pour l'exploitation, furent fermés. Malgré tout les
affaires continuaient, c’est d’ailleurs dans ces années qu’eut lieu une
première grosse vague d’immigration. En 1930, outre les ouvriers flamands
travaillant déjà dans nos mines, on dénombrait en Belgique déjà 17.000
ouvriers étrangers (italiens, polonais, syriens, africains, … ).
Malgré
la dureté du travail de mineur, le Hainaut était une terre promise et le resta
jusque dans les années 1960. Années jusqu'aux quelles le charbon constitua la
principale ressource énergétique. Mais le déclin était amorcé.
Le dernier charbonnage
wallon fut fermé en 1984 et le dernier charbonnage flamand en 1992.