|
L’exploitation du charbon dans la région du Centre remonte à la fin du
12ème siècle. A cette époque, l'abbaye de Bonne-Espérance
possédait un endroit appelé : Cour des Carbonnières. En
1299, le Seigneur du Roeulx donna son autorisation à l’abbaye de
Bonne-Espérance, pour une exploitation (de charbon de terre) à Houdeng-Gœgnies. Les exploitations étaient de faible profondeur.
Par la suite, les
exploitations s’étendirent à Strepy en 1378, Morlanwelz en 1372, La
Louvière en 1390, Haine-St-Paul en 1401, Haine-St-Pierre et la Hestre en 1410,
Sars-Longchamps en 1423, … Mais ces petites exploitations étaient vite abandonnées dès
que les puits étaient envahis par les eaux souterraines. En 1685, se créa la
société du Grand Conduit et du Charbonnage d’Houdeng. Cette société qui
devint par la suite la Société Anonyme des Charbonnages de Bois-du-Luc
à Houdeng-Aimeries était destinée à une incroyable longévité car l’exploitation
dura de 1686 à 1973. Au 18ème siècle, de nombreuses sociétés charbonnières
se créèrent : La Barette en 1735, Sart-Longchamps en 1747, Houssu en 1751, La
Hestre et Redemont en 1756, Bascoup en 1768, St-Denis et Obourg en 1784, etc.…
L’arrivée de la machine à vapeur (dite aussi machine à feu), révolutionna
l’exploitation charbonnière. Inventée en 1706 par l’Anglais Newcomen, elle
servait à pomper l’eau des mines et permit une exploitation toujours plus
profonde. En 1766, la société de la Barette fut la première à en installer
une dans la région du Centre. Par la suite, ce fut la société de Bois-du-Luc
en 1779, Bascoup en 1788 et Sars-Longchamp en 1789. A cette époque les
sociétés devaient reverser un droit de terrage ou entrecens. L'abbaye de
Saint-Denis, par exemple, percevait l'entrecens (environ 1/6 de la production)
sur la société du Grand Conduit et du Charbonnage de Houdeng. Au debut du 19ème
siècle, ce privilège fut abolit, dans le Centre et dans le Hainaut, par
Napoléon 1er.
Le 19ème siècle, fut un grand siècle pour le
Centre,
beaucoup de sociétés (fonderies, Hauts-fourneaux, entreprises ferroviaires,
etc. …) s’installèrent dans le bassin houiller. La création de nouvelles
sociétés charbonnières en fut la conséquence : Mariemont en 1801, Péronnes,
Maurage et Boussoit en 1827, Bois-d’Haine en 1838, Piéton en 1843, etc. …
En 1802, Nicolas Warocqué, son frère et d'autres associés
constituèrent la société du Parc de Mariemont. La famille
Warocqué, eut par la suite de nombreux intérêts dans les
charbonnages (et la métallurgie) de la région.
La production augmentait de plus en plus et la main d’œuvre locale ne
suffisait plus. Afin d’appâter d’autres travailleurs, certaines grandes
sociétés firent bâtir de grandes cités minières à l’image du Grand-Hornu
(en 1819). Dans le centre, la société de Bois-du-Luc décida la construction
de la cité de Bosquetville en 1838. Chaque famille disposait d’un certain confort pour l’époque et
même d’un jardin. Par la suite, d'autres infrastructures viendront faciliter
encore plus la vie de la cité : Boucherie, moulin, hospice, école, salles des
fêtes, etc… On pouvait naître, vivre, travailler et mourir dans ce genre de
cité. Les patrons charbonniers avaient créé (à Bois-du-Luc mais aussi dans
d'autres cités) des petites villes autour du charbonnage pour
"fidéliser" les travailleurs.
Dans
la deuxième partie du 19ème siècle, une partie des sociétés du
Centre furent absorbées par des Charbonnages du bassin de Charleroi (la
Compagnie des Charbonnages de Piéton, les
Charbonnages de Carnières-Sud, ...).
En 1888, le canal du Centre était encore en construction, mais on
inaugura l'ascenseur n°1. Les patrons charbonniers de la région de Charleroi
ont beaucoup poussé pour sa réalisation, et ce pour permettre le transport de
leur charbon vers la France. Le canal ne fut fonctionnel qu’en 1917. Avant la
guerre 14-18, le Centre était une région très prospère et les sociétés
charbonnière n'hésite pas à investir : en 1903,
le premier Turbo-Groupe de Belgique (0,3 MW) fut installé au Quesnoy à
Trivières (puits dépendant de Bois-du-Luc), en 1906, les Charbonnages
de Ressaix acquièrent la concession de Genk-Sutendael en Campine, ... La
région n'était pas en reste car les sociétés de la région effectuaient des
sondages dans les communes non encore exploitées (Buvrinnes, Bienne-lez-Happart,
...) afin d'essayer trouver de nouveaux gisements et d'augmenter la production,
souvent sans succès.
Après la guerre 14-18, le Centre
accroît sa production de 21%, grâce à de nouvelles exploitations : sièges Marie-José
de Maurage, Bray et Levant de Mons. A cette période, la région connu beaucoup moins de mouvement sociaux.
Mais, en 1930, la crise toucha le secteur charbonnier. Les charbons issus des
veines minces et irrégulières des charbonnages Hainuyers commencèrent à
être concurrencés par les charbons étrangers.
Après la guerre 40-45, on
commença à faire venir en Belgique plus de travailleurs étrangers, beaucoup
d'italiens mais aussi des espagnols, des grecs, etc … Dans certaines
exploitations du Centre, on comptait 75% de mineurs d'origine étrangère
travaillant dans le fond. A cette époque, beaucoup croyaient encore que les
affaires allaient reprendre. Et grâce à des subsides, certains charbonnages,
comme les Charbonnages de Ressaix, investirent dans de grandes infrastructures.
En 1951, la Belgique signa les accords de la CECA. A l’instar des autres bassins,
les fermetures se succèdent dans le Centre : Mariemont en 1955, Ressaix en
1956, Bois-du-Luc en 1959, Havré en 1966, etc. …
L’ultime siège appartenant à la S.A. de Bois-du-Luc, le Quesnoy à
Trivières, ferma le 15 juin 1973. Ce fut le dernier site à extraire du charbon
dans la région du Centre.
|