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Le Pays Noir, tient une place
importante dans l'histoire du charbon en Wallonie. On pense inévitablement au Charbonnage du Bois du Cazier, mais aussi au Roton
à Farciennes, le dernier charbonnage ayant extrait du charbon en Wallonie, sans
oublier, la S.A. des Charbonnages de Monceau-Fontaine qui fut la plus
importante des sociétés charbonnières belges.
On ne sait pas avec précision, quand démarra l'exploitation du charbon dans la
région de Charleroi. Le plus ancien document se rapportant aux houillères dans
la région date de 1251. Il s'agit d'un document faisant mention d'un accord
entre l'abbé de Lobbes et l'Evêque de Cambrai. Ce document atteste que chacun
possédait la moitié d'une houillère de Gilly. Par la suite, des houillères
sont mentionnées à Lodelinsart en 1380, Gosselies en 1542, Jumet en 1544,
Marchienne en 1570 . Au fil des siècles le charbon
ne servait qu'au chauffage, feux de forges, maréchaux, … Les verriers ne
l'utilisèrent qu'à partir du 17ème siècle et la sidérurgie à
partir du 18ème siècle.
Vers 1735, la première machine à feu du bassin fut
installée à Lodelinsart par Jacques Desandrouin, un grand industriel de l'époque. Une
vingtaine d'années plus tard, plusieurs grandes sociétés se fondairent dont Notre-Dame-au-Bois à
Jumet et
Sacré-Madame à
Dampremy, elles se dotèrent aussi d'une machine à
Feu.
Grâce à ces machines (à feu ou à vapeur), le rendement augmenta et le prix
du charbon baissa, favorisant ainsi l'industrialisation du bassin. L'industrie
du fer prit alors son essor dans la région.
Vers 1770, il y avait dans
la région, 32 fosses exploitées, ainsi que de nombreuses petites fosses appelées
"cayats". Ces indénombrables
"cayats" étaient en fait des petits puits d'environ deux mètres de
diamètre, qui n'atteignaient pas souvent les 40 mètres de profondeur. Ils étaient
rarement maçonnés ou étançonnés. Les mineurs descendaient dans ces puits
grâce à un tonneau fixé au bout d'une chaîne, elle même actionnée grâce
à un treuil à manivelle. Le tonneau servait aussi à remonter le charbon
extrait. Au début du 19ème siècle, plusieurs
sociétés se constituèrent sur base de ces cayats. L'une
d'elles qui devint par la suite la société "Monceau-Fontaine", mais il
y eu aussi dans la région : Nord de Gilly à Fleurus, Charbonages de
Lodelinsart, etc... Et l'exploitation du charbon
se développa partout dans le bassin. En 1830, il y avait cent vingt-huit puits
dans la région, la plus grande profondeur était de deux cents mètres. On
comptait trente quatre "châssis à molettes" et onze machines à
vapeur
ou à feu opéraient au pompage des eaux dans les puits. A cette époque,
environ 75 % de la production du bassin était concentrée dans les
communes de Gilly, Lodelinsart, Châtelineau, Montignies-sur-Sambre et
Charleroi. Le manque de voies de communication, oblige les sociétés du bassin carolo à vendre leurs charbons à un prix inférieur à ceux vendu par les sociétés du Borinage, dans certains cas jusqu’à deux fois moins cher.
Mais
en 1839, grâce au creusement d’un canal reliant l’Oise à la Sambre, le marché parisien,
jusque là réservé aux charbons borains, s’ouvre aux sociétés carolo.
A partir de 1841, une surproduction entraîna une chute des prix et salaires
(parfois de 10% par an). Auquel se succéda une série de faillites et rachats.
De plus, à cette époque, l'extraction de la houille était loin d'être aussi
importante que dans les autres bassins miniers comme le Centre ou encore le Borinage.
Le bassin était, en fait, le moins productif et le plus dépassé du Hainaut. Ce qui obligea des fusions
qui donnèrent naissance à de plus grandes sociétés : en
1846, création de la Société des Charbonnages de Charleroi. En 1852, Monceau-Fontaine
racheta le du Charbonnage du Martinet. En 1862, réunion du Charbonnage
d'Amercoeur à Jumet avec la société de Naye-à-Bois. En 1868, de la fusion de
quatre concessions créa la société du Centre de Gilly, ect …
Les fonds provenaient de Charleroi, mais aussi de Bruxelles et même de
France (Lille, Paris, ...). Mais les patrons sidérurgistes faisaient pression
sur les société du bassin, ils n'hésitèrent d'ailleurs pas à s'approvisionner en Allemagne. Leur but
était de faire baisser le prix du
charbon belge. Vers 1873, les affaires reprirent, mais d'autres conflits
sociaux éclatèrent régulièrement et le prix du charbon rechutait, les
salaires suivaient. Et ce en alternances avec les grèves des ouvriers
métallurgistes du bassin.
Ces fluctuations continuèrent jusqu'à la guerre
1914-18, suivi par une
période de grande prospérité. En 1929, le nombre de mineurs Carolos étaient
de 42.300 pour une extraction annuelle de 7.763.000 Tonnes. A cette époque,
vingt-six sociétés formaient l'Association Charbonnières des Bassins de
Charleroi et de la Basse-Sambre, elles organisaient une exploitation intensive
et lucrative. Le bassin produisit jusqu'à 30%
de la production annuelle belge, surpassant tout les autres bassins
du pays.
Certains puits étaient à la pointe : au Cazier, on automatisa
l'encagement ainsi que la circulation des wagonnets en surface dès 1930. Certains charbonnages
se dotèrent de centrales
électriques. Une centrale
éléctrique à charbon permettait de brûler une partie des charbons invendables
(auparavant stockés), elle fournissait aussi l'électricité nécessaire
aux installations modernes et le surplus de courant était revendu au réseau. Cet
investissement se révélait très rentable pour un charbonnage.

La
province du Hainaut produisait encore plus de 60 % de la production totale
de charbon belge. Celui-ci bénéficiait d'un important trafic à
l'exportation : France, Hollande, Suisse, … Par contre, arrivaient en Belgique de nouvelles énergies ainsi que le charbon étranger
qui commença à
concurrencer le charbon belge grâce à des prix plus compétitifs. L'industrie charbonnière
belge traversa alors une
grave crise. Une surproduction des charbonnages belges entraîna d'importantes
pertes d'emplois, le nombre total d'ouvriers mineurs en Belgique, passa de 173.000 en 1928 à
117.000 en 1940. A noter que malgré les fusions, le bassin
Carolo comptait toujours plus de petites sociétés exploitant des concessions
modestes que les autres bassins. Certaines d'entre elles étaient détenues, en
tout ou partie par des entreprises métallurgiques. Ce qui limitait la
nécessité de fusionner pour survivre.
En
1951, la Belgique signa le traité de la Communauté Européenne du Charbon et
de l'Acier (la CECA) qui ouvra les frontières, et fit baisser le prix du
charbon. Malgré des dédommagements payés par la CECA, les mines belges
fermèrent les unes après les autres. La production de charbon dans la région
de Charleroi, passa de 7.000.000 T. en 1950 à 5.000.000 T. en 1960.
Même une société telle que les Charbonnages de Monceau-Fontaine n'y
échappa guerre. Cette société avait géré 7.260
hectares de concessions et fût la plus importante société charbonnière Belge,
mais comme les autres, elle finit par mettre la clef sous le paillasson. En
1975, ce fut le siège du "Pêchon" à Couillet qui ferma. A cette époque, toutes
sociétés confondues, il ne restait que 5 puits en activité dans le Pays Noir.
Ils fermèrent les uns après les autres : le puits de Tergnéé à
Aiseau-Presles en 1977, le puits n° 18 dit "Parent" à Marchienne en
1978, le puits n°19 dit "Bas Long Prés" à Marchienne en 1979 et le
puits n°17 dit "Bois des Vallées" à Piéton en 1980. Et en
1984, malgré des subsides, le Roton à Farciennes, fermait ses portes, mettant ainsi un point final
à l'histoire de l'extraction du charbon en Wallonie.

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